HISTOIRE FAMILIALE

L’ORIGINE DES NASSAU DE CORROY

UN MYSTERE

Le fondateur des Nassau de Corroy est Alexis de Nassau (mort en 1550), fils naturel d’Henri, comte de Nassau-Dillenburg, et d’Elisabeth de Rosenbach. Il fut légitimé par un acte de Charles Quint daté du 7 juillet 1530. A noter qu’il est dans toute l’histoire le seul «bâtard de Nassau» qui ait fait l’objet d’une faveur semblable. Des branches connues et brillantes de la postérité naturelle de cette célèbre famille ne dépassèrent pas le stade de la bâtardise. Ainsi en fut-il pour les Nassau-La Lek (comtes de Grantham, vicomtes de Boston) ou les Nassau de Zuylenstein (comtes de Rochford, vicomtes de Tunbridge) qui bénéficièrent d’un statut social de premier ordre dans l’Angleterre de Guillaume III d’Orange-Nassau. Il y eut aussi des branches morganatiques, comme celle des comtes de Merenberg, issus du mariage en 1868 du prince Nicolas de Nassau-Weilburg, frère d’Adolphe de Nassau, grand-duc de Luxembourg, avec Nathalie Pouchkine, fille du plus célèbre poète russe. Aujourd’hui éteints, les comtes de Merenberg furent déclarés non dynastes, quoique brillamment alliés (entre autres aux Romanov).

Voilà pour la version officielle. La réalité est bien plus intéressante et mystérieuse. Mais décrivons tout d’abord la maison de Nassau depuis ses commencements. Le premier à porter le titre de comte de Nassau se nommait Walram. Né vers 1146, il était le petit-fils d’Henri, comte de Laurenburg, mort avant 1124. Son fils, Henri II, épousa Mathilde de Gueldre dont il eut Walram II1, fondateur de la ligne «Walram», et Otton Ier, ancêtre de la ligne ottonienne.

De la ligne «Walram» sont issus les Nassau-Sarrebrück, les Nassau-Wiesbaden, les Nassau-Idstein, les Nassau-Weilburg (grands-ducs de Luxembourg en 1890), les Nassau-Ottweiler et les Nassau-Usingen. La ligne ottonienne engendra les célèbres Nassau-Dillenburg (devenus les Orange-Nassau), les Nassau-Beilstein, les Nassau-Hadamar (éteints dans les Merode au XVIIIe siècle, mais notre fameuse famille belge fut dépossédée de cet héritage) et les Nassau-Siegen (dont la branche aînée se convertit au catholicisme lors du mariage en 1618 de Jean III avec Ernestine de Ligne).

Aujourd’hui, cette famille, jadis si prolifique, est éteinte. Sa dernière représentante fut la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg, décédée en 1985. En 1919, elle avait épousé le prince Félix de Bourbon-Parme, frère de l’impératrice Zita. C’est ainsi que l’actuelle dynastie de Luxembourg, qui a repris le nom de Nassau, est en réalité issue de la plus illustre maison de l’histoire du monde : les Capétiens.

Revenons aux Nassau-Dillenburg dont l’entrée dans l’histoire européenne remonte à la révolution des Pays-Bas et à Guillaume le Taciturne. Par le mariage en 1331 d’Otton II de Nassau-Dillenburg et d’Adélaïde de Vianden, elle avait déjà investi l’histoire de Corroy. En 1417, Elisabeth, comtesse de Sponheim et de Vianden, dame de Corroy2, complètement ruinée par la mauvaise gestion de sa fortune, abandonna tous ses droits au petit-fils d’Otton, Engelbert Ier de Nassau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Henri III de Nassau était un jeune homme d’avenir. Il paraissait même disposer de la testostérone indispensable à tout grand seigneur qui se respecte. Né en 1483, on sait qu’il eut plusieurs maîtresses. Néanmoins, Elisabeth de Rosenbach semble avoir été la femme de sa vie, car elle demeura auprès de lui jusqu’à sa mort. Dans sa généalogie des Nassau, Léo van de Pas fait naître Elisabeth vers 1510 et Alexis en 1511. On peut douter fortement de cette dernière date. Nous savons qu’Alexis fut nommé gouverneur de Mouzon en 1521. Il s’agissait d’une place forte qui formait la clé des Ardennes et qu’Henri de Nassau venait de conquérir au nom de Charles Quint dans le cadre de l’expédition punitive que le souverain des Pays-Bas avait ordonnée contre Robert de La Marck-Bouillon. Il en sortit la première grande guerre entre l’Empereur et François Ier, laquelle se termina par la victoire de Pavie (1525) sur les Français. Après avoir emporté Mouzon, le comte de Sickingen et Henri III de Nassau firent le siège de Mézières qui était défendue par Bayard et par le jeune Anne de Montmorency, futur connétable. S’ils avaient triomphé, c’était la marche éclair des impériaux sur Paris. Bayard s’en tira par la ruse (de fausses lettres destinées à être interceptées, exactement comme le firent les Anglais en 1943) et par un courage à toute épreuve. Abusé par les fausses menaces de Bayard, Sickingen leva le siège et revint aux Pays-Bas, ce qui fit dire plus tard au comte de Nassau qui évoquait la défense de la ville : Messieurs, c’est que ce pigeonnier était défendu par un aigle et des aiglons autrement becqués et membrés que toutes les aigles impériales. La France était provisoirement sauvée. On n’imagine pas que, dans un tel contexte, le comte de Nassau ait confié le gouvernement de Mouzon à un garnement de dix ans, au demeurant son fils illégitime. Alexis de Nassau défendit d’ailleurs courageusement la ville en 1522 contre François de Bourbon, comte de Saint-Pol, mais il fut obligé de se rendre. Il est clair que le «bâtard» était né au tout début du siècle, pendant la première phase de la vie amoureuse de son père. Avoir donné une place de cette importance à un très jeune homme prouve qu’Alexis faisait déjà montre d’une grande maturité. C’était aussi un redoutable honneur si l’on songe à la qualité de son adversaire3. Les archives du Fonds de Corroy-le-Château à Namur conservent un livre de raison commencé en 1526 et prolongé jusqu’en 1670. L’envers d’une carte à jouer agrafée à la première page porte la mention (dans l’écriture de 1670) Alexis de Nassau a dû naître en 1511. L’examen des dates, tel qu’exposé ci-dessus, rend impossible cette supposition qui a peut-être été rapportée à M. van de Pas.

Les Nassau-Corroy ont toujours prétendu être issus d’un mariage secret entre leur père et sa passion de jeunesse. Aucun document ne le prouve. Une généalogie ancienne de la famille indique Le comte Henri de Nassau épousa clandestinement en 1500 Elisabeth de Rosenbach, fille de Rudolph, seigneur de Rosenbach. Si l’assertion n’est pas à négliger, c’est surtout la date citée qui me paraît intéressante. On sait que, pour éviter «le dangereux péché de fornication», de nombreux prêtres célébraient en cachette des mariages religieux entre des jeunes gens qui entretenaient «des relations coupables». Pas plus que dans certaines monarchies contemporaines4, l’héritier d’un grand seigneur ne pouvait contracter mariage sans le consentement de son père. Elisabeth était d’excellente famille. Sa mère était née Oteline de Vlaten (de mère Lempurg-Wernemburg ( ?)) et sa grand-mère était une Schenck de Tautenburg. Plus tard, un des siens deviendra prince-évêque de Würzburg. Malheureusement son père, Rodolphe de Rosenbach, occupait la fonction de gouverneur de Vianden, ce qui en faisait un subordonné, voire un domestique, de Jean V de Nassau. Pas question d’imaginer qu’un amour tendre, éclos dans l’immense forteresse de Vianden, pût aboutir à un mariage qui aurait brisé l’élan d’une telle dynastie ! En dépit de toutes les bénédictions prétendument accordées par un moine complaisant, rien ne pouvait s’opposer à l’union d’Henri et de Françoise de Savoie en 1503. Et, bien entendu, les enfants nés du petit incident antérieur n’avaient d’autres appellation possible que «bastard» et «bastarde»5, sous peine de transformer la noble princesse de Savoie en épouse adultère6. Par la suite, l’acte de légitimation mit les Nassau-Corroy sur le même pied (fortune en moins) que les Nassau-Orange. Il me paraît néanmoins que la thèse d’un mariage secret n’est pas saugrenue.

Le 21 février 1530, Elisabeth de Nassau fit une brillante alliance en épousant Jean de Renesse, fils de Frédéric, seigneur de Grimmerstein, et d’Anne de Hamal, dame d’Oostmalle.7. Elle n’avait alors que le statut de fille naturelle. Le comte Théodore de Renesse suppose que c’est à la demande de Frédéric, qui était un proche du comte de Nassau, qu’Alexis et Elisabeth furent légitimés par Charles Quint le 7 juillet de la même année. Personnellement, je pense plutôt que c’est sur l’insistance de Marie-Madeleine de Hamal (voir note 8) que cette légitimation fut accordée. Le comte de Nassau n’y avait pas un réel intérêt, tandis que la duchesse douairière de Soria, qui songeait sans doute aux Renesse pour son héritage, ne pouvait accepter de gaieté de cœur que le futur propriétaire de ses biens fût l’époux d’une bâtarde. N’oublions pas qu’en 1503, son feu mari (Guillaume de Croÿ) était déjà l’homme le plus puissant de la cour de Philippe le Beau et que c’est peut-être lui qui avait poussé à l’union entre Henri de Nassau et Françoise de Savoie, union qui favorisait évidemment la politique des Habsbourg. Elle devait donc être bien au courant du vrai ou du faux mariage Rosenbach ainsi que de l’attitude du conseil face à ce caillou dans le soulier de la Maison de Nassau, pour lors alliée la plus fidèle de celle d’Autriche. Ceci dit, Elisabeth était-elle vraiment la sœur germaine d’Alexis ? Maints généalogistes en font une fille de Marguerite van Schoondonck. Or les lettres patentes précisent bien que sa mère était Elisabeth, fille de Rodolphe, seigneur de Rosenbach. Je reste un peu perplexe devant cette affirmation. Si elle était née d’un adultère (soit entre 1503 et 1511 ou après 1515), sa légitimation aurait été possible, mais bien plus difficile à obtenir. D’où la nécessité dans le texte d’insister sur l’illegitimo coïtu, soit sur une simple fornication hors mariage, et sur l’identité de sa mère dont, je le rappelle, la liaison avec Henri semble dater de l’an 1500. Reste que le mariage d’une demoiselle de près de trente ans ne correspond pas du tout aux coutumes de l’époque. De plus, Elisabeth aura …douze enfants dont le dernier naîtra en 1550 et causera la mort de sa génitrice. Voilà qui laisse rêveur. J’ai plutôt l’impression que «pour faire passer la pilule de la légitimation», on a éliminé une mère (Marguerite van Schoondonck), qui aurait vécu avec Henri de Nassau à une époque plus tardive, et placé a posteriori Elisabeth de Nassau dans la même portée qu’Alexis. Comme si la connaissance qu’avaient les contemporains du mariage secret permettait de faciliter les choses.

Voici des extraits de ce texte capital (orthographe respectée) :

Charles V, par la grâce de Dieu, empereur des Romains, etc. (…), Salut et Bénédiction à nos chers et fidèles sujets de l’Empire, Alexis8 et Isabelle de Nassau ! Bien qu’issus d’une souche célèbre, vous n’êtes point nés d’une union légitime, puisque vous avez pour père Henri, comte de Nassau et de Vianden, et pour mère Isabelle, fille de Rodolphe, seigneur de Rosenbach.

La traduction française me paraissant assez fantaisiste, je reprends ci-dessous la phrase essentielle du texte latin (dont la qualité cicéronienne laisse parfois à désirer) :

Vos legitimamus, habilitamus, et restituimus ad omnes singulos et singulas honores, honestatis, dignitatis, actus legitimos et civiles, tollentes et auferentes a vobis, quamlibet illegitimitatis maculam atque notam, ita quod succedere valentis et heredes ex testamento et ab intestato existere.

Il reste un problème au sujet de la date :

Le texte latin précise bien datum augusta (= Augsbourg où l’empereur venait d’ouvrir la fameuse Diète destinée à trancher le problème de la Réforme dans l’Empire) septima die mensis juliis anno incarnationis domini millesimo quingentesimo trigesimo (soit le 7 juillet 1530) et regnorum nostrum romani undecimo, Hispaniae vero decimo ( ?), signatum erat.

Constatons tout de suite que : 1) La copie de Corroy est un petit exercice du notaire de Lathuy en 1828 qui reproduit une expédition du 12 juin 1660 (attestée par une bonne quantité de notaires et d’officiers publics), retranscription elle-même d’une copie authentique conservée à cette époque à l’abbaye de Nazareth. Voilà pourquoi le texte emploie l’imparfait pour décrire la signature (erat). C’est le rapport d’un clerc à propos d’une bulle impériale. Cela fait beaucoup d’erreurs potentielles dans la chaine des gratte-papier. Je signale cependant que «actus» peut être pris au sens d’actes (juridiques) au pluriel. C’est un synonyme de acta. 2) Charles Quint fut proclamé «roi des Espagnes» à Bruxelles le 14 mars 1516 (en passant au-dessus des droits de sa mère en ce qui concerne la Castille). Le 7 juillet 1530, il était dans la quinzième année de son règne. L’erreur (decimo) est si énorme qu’elle ne peut être que l’œuvre d’un scribe distrait et non d’un faussaire. Le terme «vero» est un adjectif d’insistance (à vrai dire superflu) et le mot manquant est évidemment quinto (quinzième se dit quintus decimus). L’idéal serait bien sûr de pouvoir retrouver le document original dans la chancellerie impériale. 3) les mots soulignés en gras sont significatifs et signifient : «extirpant de vous toute marque et tout indice d’illégitimité». Nous reviendrons ci-dessous sur les conséquences d’un «blanchiment» aussi radical.

On notera immédiatement que Charles Quint légitime nos deux oisillons en qualité de sujets de l’Empire. Pour des raisons liées au siège de Mouzon, il est impossible qu’Alexis soit né durant les quatre ans de «liberté» (1511-1515) que connut Henri de Nassau entre la mort de Françoise de Savoie et son union avec Claudine de Chalon. Enfin, le dispositif de l’édit est sans équivoque : les deux jeunes Nassau prennent rang dans la postérité de l’illustre famille comme s’ils étaient issus de légitime mariage. Il faut donc reconnaître que jusqu’à leur extinction dans les Trazegnies en 1809, les Nassau de Corroy étaient les aînés des Nassau-Dillenburg et donc des Orange-Nassau.

Le comte Henri de Nassau, qui ne mourra qu’en 1538, avait évidemment approuvé cette légitimation. Cependant pour des raisons dynastiques, il ne pouvait faire passer au rang de cadet son deuxième fils René. Celui-ci hérita, le 3 août 1530 – soit moins d’un mois après la légitimation de ses frère et sœur – de toute la fortune de son oncle Philibert de Chalon, prince d’Orange. Philibert était un personnage de légende, qui succéda au connétable de Bourbon à la tête des armées de l’empereur en Italie. Il n’était pas marié et risquait sa tête tous les jours9. Ce n’était pas le moment de dégoûter ce somptueux oncle à héritage en dépouillant son unique neveu des possessions allemandes et «flamandes» de la maison de Nassau. Il aurait pris cela pour un camouflet infligé à la mémoire de sa sœur, Claudine de Chalon, la mère de René, qui était morte en 1521. On était prêt à plaire aux Renesse et aux Hamal (surtout à la duchesse de Croÿ-Sora qui était la première dame de la cour de Bruxelles), mais pas au point de rater la succession du siècle.

Tout indique qu’Alexis fut un second père pour le jeune René. Vivant dans les palais de la famille (l’hôtel de Nassau à Bruxelles, dont il subsiste la chapelle intégrée à la Bibliothèque Royale, ou le château de Breda que son père était en train de reconstruire avec la dot de sa troisième épouse officielle, Maria de Mendoza), il entretenait des relations étroites avec ce petit garçon qui, en 1530, était devenu un des grands seigneurs de la Renaissance. Parallèlement, le nouveau prince d’Orange était très conscient de l’illustration de sa maison. Non contente d’avoir donné un empereur à l’Allemagne, la famille, par tant d’héritages accumulés, avait acquis le statut d’une dynastie de rechange, même si des querelles de préséance existaient avec les Croÿ, ducs d’Aerschot et princes de Chimay. Tout le monde pourra s’en apercevoir durant la Révolution des Pays-Bas.

Par amitié pour son frère, et peut-être aussi pour couper court à d’éventuelles prétentions, René de Nassau (rebaptisé René de Chalon après la mort de son oncle) fit, le 3 mai 1539, retrait lignager de Corroy10. Le 7 juin 1540, il l’offrit à son frère aîné. Enfin établi – et dans la plus grande forteresse médiévale de nos régions – Alexis put contracter mariage (19 mars 1542) avec une dame de qualité, en l’occurrence Wilhelmine de Bronckhorst-Batenburg qui était fort riche et qui appartenait à une branche cadette de la plus illustre famille de Gueldre. Il était temps, car il commençait à prendre de l’âge. A peine installé sous les édredons du lit conjugal et alors qu’il séjournait dans son hôtel particulier de Breda, le seigneur de Corroy apprit que Martin van Rossum avait ravagé son territoire, brûlé en partie son château et massacré tous ses paysans. Grâce aux bonnes relations qu’il entretenait avec son cadet, il obtint, le 24 juin 1543, des lettres d’exemption qui lui permirent de puiser dans le réservoir d’autres possessions des Nassau pour repeupler le village de Corroy.

Peu après le don de Corroy (assorti d’une rente annuelle de 422 florins carolus), René de Chalon s’était marié11 à une princesse digne de son rang. Anne de Lorraine était la fille du duc Antoine et de Renée de Bourbon. Vu que son frère, le duc François Ier, avait épousé Christine de Danemark, la nièce préférée de Charles Quint, cette maison régnante était particulièrement bien en cour. Ce mariage devait, hélas ! ne pas durer. Leur unique enfant, Marie, mourut peu après sa naissance. Aussi est-ce avec l’âme bien sombre que René rédigea son testament le 20 juin 1544. Il se préparait à partir en campagne avec Charles Quint pour terminer cette «guerre de succession de Gueldre» qui mettait pour la troisième fois l’empereur aux prises avec son éternel rival, François Ier, et dont le point d’orgue pour les Nassau avait été le sac de Corroy. Dans le souci du prestige de sa maison, il choisit son plus proche cousin comme légataire universel. Il s’agissait du futur Guillaume le Taciturne. Les termes de ce testament sont très intéressants à analyser. On y retrouve quatre autres légataires particuliers :

A Palamèdes notre fils naturel (…) luy avons donné et donnons…

Et quant à Alexis de Nassau, seigneur de Conroy et dame Elisabet aussi de Nassau femme de messire Jehan de Renesve seigneur de Maele pour la bonne et naturelle affection que leur portons, leur avons donné et donnons à chacun d’eulx par dessus les bienfaitz qu’ils ont par cidevant reçeu de feu monseigneur le conte Henry de Nassau notre père et de nous, la somme de cinq cens livres (…)

Au regard de damoiselle Jehanne de Chalon fille naturelle de feu monseigneur le prince Philibert notre oncle maternel (…)

Le lecteur constate immédiatement que le propre fils du testateur est qualifié de naturel de même que la fille de son oncle. En revanche, ses frère et sœur sont l’objet d’une bonne et naturelle affection. Il est clair que le double sens du mot naturel est voulu. Le prince d’Orange est attentif à ne pas traiter Alexis et Elisabeth d’illégitimes12, mais se rattrape en jouant sur les mots. Il ne peut escamoter leur filiation commune et traite tout simplement l’auteur de ces trois êtres comme notre père et de nous (petit pléonasme qui cherche à créer une ultime distinction entre les deux catégories de rejetons). Il y a dans ce texte l’aveu implicite du mariage secret qui a fait d’Alexis un héritier de l’ombre.

Un mois plus tard (25 juillet), René de Chalon est tué devant Saint-Dizier et Charles Quint prend connaissance de ses dispositions testamentaires. Il est effaré. Ses conseillers le sont tout autant. En effet, l’héritier désigné, Guillaume de Nassau, est un garçon de onze ans qui a subi la stricte éducation d’une mère farouchement luthérienne. Si cet Etat dans l’Etat qu’est la fortune des Nassau tombe en des mains protestantes, tout l’équilibre que l’empereur essaie de maintenir dans son pré carré des Pays-Bas risque de s’effondrer. Pendant des mois, la cour de Bruxelles va tergiverser avant d’accepter le testament. Au point que l’empereur songe sérieusement à le casser au profit de Palamèdes qui est l’enfant naturel du défunt et qui semble être né en 1540, peu avant les noces ducales de son père. Il suffirait dans ce cas de le légitimer. Cependant si la legitimatio per rescriptum principis appartient au pouvoir du souverain, ce dernier doit en principe obtenir l’accord du père. A défaut d’icelui, comme l’écrit Henricus Zoesius dans ses commentaires13, Voluntas requirirur patris eos offerenti Principi (…) Quamvis non impediatur Princeps, ad petitionem ipsorum liberorum, eos legitimos pronuntiare. Cujus tamen legitimationis non erit ullus effectus quad successionem, & alia jura aliis quæsita, ne Principale beneficium aliis obsit, nisi publica causa aliud suadeat. En clair, la légitimation a posteriori n’a pas d’effet sur la transmission des biens, du moins dans les législations inspirées par le Droit romain. Cette contrainte n’empêche pas la cour de brandir Palamèdes comme une menace14.

Après des mois d’hésitation, Charles Quint et son conseil acceptent de reconnaître le testament à condition que Guillaume quitte Dillenburg et soit élevé aux Pays-Bas dans la religion catholique. Ce n’est qu’un enfant qu’on espère conditionner15. Le futur Taciturne arrive dans nos belles provinces en mai 1545. Le cas de Palamèdes nous démontre que Charles Quint est prêt à user de son droit régalien pour passer outre aux dispositions des lois et des coutumes. Les lettres de 1530 accordent à Alexis un statut nettement plus solide. De plus, si les enfants adultérins ne sont pas exclus de la legitimatio per rescriptum principis, ils ont l’obligation de porter une marque distinctive dans leurs armoiries. Or les Nassau de Corroy arboreront dès l’origine les armes pleines des Nassau-Dillenburg16.

Pourquoi ne pas avoir légitimé Palamèdes qui était né hors adultère ? Les considérations ci-dessus rendent l’hypothèse du mariage secret relativement acceptable, puisque pour parer à une éventuelle conversion au protestantisme du nouveau prince d’Orange, la légitimation d’Alexis, son oncle, semblait une précaution suffisante. En cas de pépin, on pouvait toujours casser a posteriori le testament de feu René et répartir les biens de Guillaume entre les «Alexides» et les autres héritiers des Chalon.

Malgré cette caution donnée par les Habsbourg à la descendance d’Alexis, la contestation va les entourer pendant deux siècles. Les chanoinesses d’Andenne et de Moustier protestèrent vivement contre l’admission des petites-filles d’Alexis dans leurs chapitres respectifs. Il fallut une sentence du Conseil Privé (23 août 1596) pour calmer ces dames quelque peu excitées. En ce qui concernait Anne de Nassau (1581-1653), le texte dut préciser qu’elle était issue du vrai troncq et chief de la maison très illustre de Nassau et que cette splendeur et sublimité devait effacer une origine illégitime. Et pourtant la coutume du comté de Namur mettait le légitimé sur le même pied que l’enfant légitime, même en matière de succession17. Apparemment Anne de Nassau ne connaissait pas bien le texte fort clair de l’édit de 1530 qui allait encore plus loin. On avait certes oublié à l’époque la rumeur du mariage secret18, mais le plus étonnant dans tout cela est qu’aucune remarque n’était faite sur les quartiers de la mère d’Anne, Catherine de Namur. Ces Namur (dits Namur d’Elzée) descendaient d’un bâtard de Dampierre-Namur qui n’avait jamais été légitimé. Même réaction au XVIIIe siècle, quand Joseph-Ignace, premier comte de Corroy, essaya de faire entrer une de ses filles au chapitre de Mons. Parmi tous les quartiers présentés au chapitre, seul celui de Nassau fut contesté, alors que les ascendances Namur passaient comme une lettre à la poste. Manifestement ce comportement était inspiré de près ou de loin par les Nassau-Orange ou par des personnes défendant leur «sublimité». Le Conseil de Hainaut dut rendre une autre sentence, le 9 janvier 1719 pour ordonner l’admission de la chanoinesse. Ces quelques exemples, comme celui de la note 11, font penser à une cabale entretenue par des gens qui y avaient intérêt. Les autorités des Pays-Bas, plus légalistes, accordèrent sans hésiter la Croix Etoilée en 1787 à une des filles de Guillaume-Adrien, deuxième comte de Corroy. Or cette distinction était la plus haute que pût recevoir une dame de la meilleure noblesse.

Autre constatation. Alors que tous les Nassau légitimes s’intitulaient «comtes» selon les habitudes du Saint-Empire, il fallut attendre le XVIIIe siècle pour voir Guillaume-Adrien porter triomphalement le titre de «Comte de Nassau, de Corroy, de Frasnes, de Zwevegem, de Hallennes et d’Erquinghem-le-Sec». La terre de Corroy elle-même avait été érigée en comté par Charles II d’Espagne en 1693 et les autres seigneuries étaient échues aux Nassau par les riches Harchies de Ville. L’explication de cette modestie me paraît simple : 1°) Les Nassau recevaient une rente importante des Orange-Nassau. Il ne s’agissait donc pas de leur déplaire 2°) Les autorités héraldiques des Pays-Bas refusaient que tout ressortissant de nos pays portât un titre accordé par un souverain étranger. Alors que le prince d’Arenberg, le premier seigneur de nos régions, avait été créé duc d’Arenberg par l’empereur en 1644, il lui fut fermement conseillé de n’utiliser intra muros que le titre officiel de duc d’Aerschot hérité des Croÿ.

On ne voit pas dès lors comment des seigneurs modestes comme les Nassau de Corroy auraient pu braver leurs cousins de Hollande et leurs maîtres de Bruxelles. Néanmoins, après avoir été submergés de comtés au XVIIIe siècle et avoir triplé leur fortune par l’héritage des Harchies, ils se sentirent suffisamment forts pour reprendre un titre auquel ils estimaient avoir droit. Quand Charles de Nassau fut envoyé comme ambassadeur de la Révolution Brabançonne auprès des Etats Généraux des Provinces-Unies en 1789, il se présenta au stadhouder Guillaume V comme le «comte de Nassau», et cela ne suscita plus aucune réaction hostile. Et pourtant… Le fils de Guillaume V fut notre roi Guillaume Ier des Pays-Bas. S’apercevant qu’une terre de la donation originelle de 1540 avait été vendue par le comte de Nassau à la fin du XVIIIe siècle, il promulgua en 1822 un arrêté royal qui confisquait le château de Corroy au profit de sa royale personne. A la suite d’un long procès, le roi fut débouté en 1829 et, par représailles supprima la fameuse rente que devait sa famille depuis la donation de René de Chalon. Il faut dire que le dernier comte de Nassau et Corroy était mort en 1809. Les Trazegnies manquaient d’arguments juridiques pour réclamer le paiement de cette annuité. Ne peut-on voir néanmoins dans ce comportement étonnant de la part d’un souverain richissime une sorte de rancœur historique contre les descendants d’une famille dont l’existence même gênait ?

La question de la légitimité des Nassau de Corroy aurait pu prendre un tour inédit à la fin du XIXe siècle. La branche de Corroy était éteinte depuis 1809. Or, en 1890, mourut le roi Guillaume III des Pays-Bas, dernier mâle de la maison d’Orange-Nassau. Depuis 1815 sa famille avait reçu le duché de Luxembourg dont le Congrès de Vienne avait fait un grand-duché, intégré à la confédération germanique. A cette occasion, les puissances décidèrent que la succession serait régie par la Loi salique. Autrement dit, seul un Nassau de genre masculin pouvait régner sur cet Etat. Déjà en 1831 (puis en 1839), le grand-duché connut pas mal de soubresauts quand la diplomatie internationale le scinda en deux pour intégrer sa partie ouest (l’actuelle province de Luxembourg) au nouvel Etat belge. En 1867, le roi accepta de vendre son Etat excentrique à la France de Napoléon III, ce qui faillit déclencher une première guerre franco-allemande. Guillaume resta grand-duc, mais le Luxembourg y acquit son indépendance. En 1890, le problème fut tout autre. Guillaume III avait perdu prématurément un fils, le prince d’Orange, qui était né d’une princesse de Wurtemberg. Il s’était remarié tardivement à la princesse Emma de Waldeck-Pyrmont dont il eut une fille (née en 1880) qui devint la reine Wilhelmine. En vertu de la Loi salique et de traités conclu en 1783 et en 1815 entre les branches légitimes de la maison de Nassau, le grand-duché fut automatiquement attribué au duc Adolphe de Nassau-Weilburg, appartenant à la descendance de Walram. Si des cousinages proches existaient entre les deux branches, la parenté agnatique remontait à 1250. Par contraste, la parenté de même type avec les Nassau de Corroy datait de la fin du XVe siècle.

Bien entendu, les traités avaient fixé la dévolution de ce petit Etat. Cependant, le fils d’Adolphe, le duc Guillaume IV, qui avait épousé en 1893 l’infante Marie-Anne de Portugal et qui pour cette raison s’était converti au catholicisme, n’en avait eu que des filles (sept au total). La question successorale se posa de nouveau en 1906 lorsque le grand-duc fut sévèrement diminué par des attaques cérébrales. Il fit dès lors adopter (1907) la suppression de la Loi salique. A cette occasion, ses cousins, les comtes de Merenberg, furent déclarés non-dynastes. Nul doute que si les Nassau-Corroy avaient vécu jusque là, ils seraient entrés dans la querelle juridique en trouvant peut-être des accords avec les Merenberg. Ce que nous savons des principes diplomatiques en vigueur ne leur aurait pourtant pas donné beaucoup de chances de réussite. Ceci est d’ailleurs de l’histoire-fiction.

En revanche, une autre question, qui ouvre des perspectives vertigineuses, est celle de leur successibilité à l’empire latin de Constantinople19, c’est-à-dire à rien moins que la domination universelle (du moins dans l’optique de l’Imperium antique). Il s’agit d’une étude historique et juridique des plus complexes pour laquelle il me manque certains documents et que je n’aborderai pas ici. En cette matière, l’histoire-fiction atteint des sommets et n’a d’autre intérêt que de jouer avec le Droit comparé, non pas dans l’espace, mais dans le temps. Rien ne dit d’ailleurs que je pourrai un jour compléter ma démonstration, mais elle a, pour le chercheur un côté particulièrement excitant et ludique.

Olivier de Trazegnies

1 Son fils Adolphe (v. 1255-1298) devint empereur germanique en 1292.

2 Elle avait probablement dépensé beaucoup d’argent pour défendre les droits à l’Empire de son mari Robert de Bavière, dit Pipan, fils aîné de l’empereur Robert III.

3 François de Bourbon, comte de Saint-Pol, duc d’Estouteville (par mariage) 1491-1545) fut le grand-oncle d’Henri IV. Sa mère était Marie de Luxembourg citée à la note précédente. Alexis avait donc dû combattre l’ex-beau-frère de son propre père.

4 On pense au mariage du prince héritier Carol de Roumanie avec Zizi Lambrino qu’il conclut à Odessa en 1918 sans le consentement du roi Ferdinand. De ce fait, le mariage fut cassé par la Cour Constitutionnelle et par l’Eglise orthodoxe. Le prince Carol «fut remarié» en 1921 à la princesse Hélène de Grèce.

5 Dans mon livre sur Guillaume de La Marck, Le Lis et le Sanglier, j’ai décortiqué de la même façon le mariage supposé entre Louis de Bourbon et Catherine de Gueldre dont sont issus les Bourbon-Busset, légitimés tardivement par François Ier (sans qu’on n’ait jamais retrouvé les lettres de légitimation…). Dans ce cas précis, le mariage apparaît très peu vraisemblable. En revanche, la situation des Bourbon-Busset est identique à celle des Nassau-Corroy : branche aînée, légitimée a posteriori par l’autorité royale et considérée dès lors comme faisant partie de la famille, mais sans être successible. Nous verrons cependant que le cas des Nassau-Corroy est bien plus complexe.

 

6 On se rappelle que, quelques années plus tard, Mary Tudor et sa sœur Elizabeth, nées respectivement de Catherine d’Aragon et d’Anne Boleyn, furent déclarées «bâtardes» par leur père Henry VIII au gré de ses humeurs matrimoniales. Le terrible roi d’Angleterre considérait a posteriori que ses mariages, pourtant pleinement canonique pour le premier et parfaitement légal pour le deuxième, étaient non valides voire adultérins. Les princes de l’époque savaient très bien comment tourner soit l’Eglise soit leurs ministres autour de leur petit doigt.

7 Nièce d’Anselme de Hamal, baron de Trazegnies, Anne n’avait pas encore hérité de l’immense fortune de sa cousine, Marie-Madeleine de Hamal-Trazegnies, dame d’Elderen, Warfusée, Rummen, Mauny, etc., veuve de Guillaume de Croÿ, duc de Sora et d’Arci, marquis d’Aerschot, seigneur de Chièvres, l’alter rex, alias le tuteur de Charles Quint. Celle-ci ne quittera notre monde que le 27 octobre 1540, faisant ainsi la fortune des Renesse qui deviendront une des plus riches familles des Pays-Bas.

8 Alexis était Page d’Honneur de Charles Quint.

9 Il mourut d’ailleurs sur le champ de bataille de Gavinara.

10 Le 14 mars 1496, après de nombreuses tractations qui duraient depuis 1485, Corroy fut vendu à Philibert de Veyré (époux de Marguerite de Lannoy dont la mère, Jossine de Berghes-Grimbergen, était cousine germaine d’Anne de Hamal-Renesse et de Marie-Madeleine de Hamal-Croÿ). Il passa ensuite à ses neveux Vauldrey qui l’engagèrent à Pierre de Succre, auquel succéda son fils André. Le «retrait lignager» du prince d’Orange (c’est-à-dire une faculté de rachat que le Droit féodal accordait aux héritiers mâles d’un vendeur) arrangeait tout le monde.

11 Le 22 août 1540.

12 Observation curieuse : le texte de ce testament est tiré des Archives du Doubs, E.1326 (cf. Lucien Braye. René de Chalon et le mausolée du cœur : essai historique sur le «squelette», chef-d’œuvre de Ligier Richier (Bar-le-Duc, 1924, p. 9). Une telle source, d’une orthographe archaïque et venant d’une région où aucune famille des Pays-Bas ne faisait la pluie et le beau temps, semble très fiable. Or le comte Théodore de Renesse dans ses Silhouettes d’ancêtres (2e série, Bruxelles. Van Langenacker, 1928, p. 90) cite le même testament (avec des différences d’orthographe notable) et n’en indique pas la provenance. René de Chalon y parle de «Alexis, bâtard de Nassau, seigneur de Conroy» et «dame Elisabeth, aussi bâtarde de Nassau, femme de messire Jean de Renesse». On dirait que des personnes malveillantes (ou stipendiées par quelque Nassau légitime) ont recopié le testament en y ajoutant ces qualifications peu valorisantes. Est-ce à dire que le «mariage secret» dérangeait toujours ? En fait non. Le terme de «bâtard de Nassau» était valorisant. Il indiquait à la face du monde que le titulaire n’était pas un homonyme, mais qu’il se rapprochait de la splendeur de la lignée officielle, la coutume voulant qu’un légitimé gardât toujours un rang légèrement inférieur à celui d’un enfant légitime. Antoine de Bourgogne, dit «le Grand Bâtard», parce qu’il était le fils préféré de Philippe le Bon, fut même reconnu comme héritier naturel des Etats bourguignons en cas d’extinction de la descendance de son demi-frère, le duc Charles.

13 Zoestus ad Digesta. Louvain 1718, p. 457.

14 Le jeune homme fera vers 1566 un brillant mariage en épousant Polyxène, fille du célèbre Pierre-Ernest, comte (puis prince) de Mansfeld, et de Marguerite de Brederode. Comme quoi, son aura de successible potentiel lui servira dans sa politique matrimoniale, surtout à un moment où le Taciturne commencera à sentir le soufre.

15 Comme chacun sait, l’histoire ne sera pas du tout de cet avis…

16 Nous possédions à Corroy deux superbes lions de pierre polychrome aux armes Nassau-Bronckhorst qui étaient autrefois installés sur la barbacane et qui doivent dater de 1555/1560. Ma sœur les a repris en 2009.

17 Voir ASAN, T. XI. 1870, p. 54.

18 Il faut dire qu’Alexis (marié en 1542, mort en 1550) avait peu connu ses enfants et que Wilhelmine de Bronckhorst s’était éclatée dans l’atmosphère de liberté que permettait le protestantisme. Elle épousa Jean, bâtard de Lannoy, puis Jean de Casembroot, secrétaire du comte d’Egmont, et partit bien vite s’installer à Malines où elle semble n’avoir plus eu de contact avec ses enfants. La tradition peut avoir été oubliée.

19 Via Marguerite de Courtenay, fille aîné de l’Empereur Pierre Ier. Elle épousa le comte de Vianden dont les Nassau étaient héritiers. Mais l’affaire est plus complexe qu’il ne semble et s’écarte de mon sujet.