Visites

En raison des contraintes sanitaires, les visites du château de CORROY-LE-CHÂTEAU ne pourront avoir lieu cette année que selon les modalités suivantes :

ANNEE : 2021
PERIODE : Juillet et août, tous les week-ends (samedi et dimanche)
HORAIRE : DE 10 à 12h et de 14 à 18h
VISITE LIBRE SANS LIMITATION DE TEMPS : Commentaire préenregistré, passant en boucle sur fond musical,  et résumé architectural et historique sur papier distribué à l’entrée
PRECAUTIONS :
Gel sanitaire (obligatoire) et masques (fournis si nécessaire) à l’entrée
Distance d’1m50 entre chaque visiteur
PAIEMENT : De préférence par Bancontact. Les espèces seront néanmoins acceptées.
RESERVATION OBLIGATOIRE : hamal.trazegnies@skynet.be (Une confirmation vous sera envoyée)
ou 081/ 63 32 32.
PRIX FORFAITAIRE : 10 EUROS PAR PERSONNE// 5 EUROS POUR LES ENFANTS DE 6 à 10 ANS

Nous nous excusons auprès des visiteurs pour ces difficultés et nous les accueillerons avec joie. Durant la visite, nous leur demandons de ne toucher aucun objet ni aucun élément du décor.

ATTRACTION EN 2021

L’ARMOIRE MAGIQUE DU COMTE de PERALTA

En 1659, Christian Huyghens réalisa le premier instrument de projection d’image. Le terme « lanterne magique » est dû en 1668 au jésuite Francesco Eschinardi. A l’époque, la source de lumière n’était qu’une bougie. Néanmoins cette invention est l’ancêtre direct du cinéma. En hommage à ces pionniers, je parle d’armoire magique pour celle qui vient d’être mise au point à Corroy.

Le travail du découpage de papier est né en Chine, et peut-être même sous forme d’ornements dans les steppes de Mongolie. Les plus anciens exemplaires connus datent de la dynastie Han (-206 à + 220). Nommé jiǎnzhǐ,  cet artisanat demeure très vivace dans la province du Jiangsu, celle du Shaanxi et dans la péninsule du Jiaodong. On pense que la technique est arrivée en Europe via la Perse et les Balkans, avant de s’implanter dans certaines régions, comme la Suisse, sous la forme des canivets, très populaires dans les bondieuseries de nos missels. Le contrôleur général des finances en 1759, Etienne de Silhouette, avait l’habitude de tracer le profil de certaines personnes en utilisant une lanterne magique. L’art de la découpure fut popularisé ensuite par Jean Huber et par l’écrivain Hans Christian Andersen. C’est sans doute grâce à lui, que les théâtres de papier eurent tant de succès dans la petite et dans la grande bourgeoisie danoise au XIXe siècle.

Cette source d’inspiration procura de délicieux passe-temps à la marquise de Pompadour comme à Marie-Antoinette (dont en outre le théâtre du Petit Trianon était fait partiellement en papier mâché). Cependant, un art combinant la lanterne magique, le théâtre et les canivets se développa à Augsbourg grâce à la « boîte d’optique » de Martin Engelbrecht (1684-1756). Il fut l’inventeur de séries en perspectives dont on pouvait admirer les sortilèges en posant un fond paysager à l’extrémité de la boîte et des cartons découpés dans des rainures scientifiquement tracées le long du fuseau de celle-ci. Un oculus dirigé vers un miroir permettait d’orienter la boîte à la verticale vers une source de lumière. Alors apparaissaient des paysages en relief plus merveilleux les uns que les autres. Les feuilles étaient imprimées, puis coloriées et collées sur des cartons afin de leur donner la rigidité nécessaire.. Les contours des images intermédiaires étaient découpés par des ouvriers habiles avec des ciseaux ou un couteau fin. On a répertorié plus de deux cents séries entre 1737 et 1770 (car les séries furent produites encore quelques années par ses filles et par ses gendres), mais elles sont devenues rarissimes. Le Rijksmuseum d’Amsterdam en présente une dizaine, placées dans des panneaux creux et éclairés d’en haut, alors que la nouvelle installation de Corroy en aligne dix-huit dans une magnifique armoire hollandaise du XVIIe siècle. Ces petites merveilles étaient d’une fragilité extrême. Il fallait un doigté précieux pour les sortir de leurs enveloppes et les glisser dans les fentes de la boîte d’optique. Ce qui est tout aussi rare est d’avoir conservé les noms des séries représentées.

Vue d’un tremblement de terre
Vue de la Comédie italienne
Vue d’une promenade
Vue d’une chasse
Vue d’une ville
Vue d’une guerre
Vue d’un Galletas (sic)
La Passion
Vue de l’entrée de JC dans Jérusalem
Vue d’une gingel ( ?) flamande
Vue d’un port de mer
Vue d’un jardin
Vue d’un laboratoire
Vue d’un camp
Vue d’un bal
Vue d’un mariage de village
Vue de l’arche de Noé
Vue d’un désert

Ces perspectives ont été achetées à Augsbourg au XVIIIe siècle par Philippe-Joseph, comte de Peralta, officier au service du fameux Karl-Theodor, Electeur Palatin, plus tard duc de Bavière.
Sa fille aînée, Marie-Louise, épousa Balthazar de Villegas. Marie de Villegas, sœur de l’avant-dernier comte de Villegas de Saint-Pierre, reconstructeur du château de Louvignies, épousa en 1866 Edouard, XIIIe marquis de Trazegnies, arrière-grand-père de l’actuel marquis de Trazegnies.

Il y a plus de cinquante ans que ce projet attendait sa réalisation. Il sera inauguré en 2021.

 

Capture d’écran 2021-04-07 à 09.11.21

Capture d’écran 2021-04-07 à 09.11.08